13 mai 2026

J’ai passé 2 jours avec Wim Hof. Quelque chose est sorti de moi dans le bain de glace.

Je suis assis dans un bac de glaçons. L’eau doit être à deux ou trois degrés. Slip de bain rouge. Autour de moi, une cinquantaine de gens en slip, comme moi, dans d’autres bacs ou en train de regarder. Des tambours frappent quelque part derrière. Wim Hof, soixante-sept ans, est en face de moi. Il chante. Pas une mélodie occidentale. Un truc tribal, ancien, des « wow wow wow » qui montent et qui descendent. Et moi, je me mets à chanter avec lui.

Mes genoux claquent. J’ai mal partout. Je ne sens plus mes pieds. Une voix dans ma tête me dit « qu’est-ce que tu fous là, casse-toi, tu vas attraper la mort ». Et juste à côté, une autre voix, plus calme, plus profonde, qui répond « non, reste, c’est exactement là que tu dois être ». Je chante avec Wim. Mon pote Yo bouge dans tous les sens à côté, il remue l’eau, ça accentue le froid. Je reste sur mon souffle.

Cinq minutes plus tard, je sortirai de ce bac. Le lendemain, j’y resterai dix minutes. Le mec qui écrivait ces lignes deux semaines plus tôt, dans son bain froid à la maison, n’arrivait pas à tenir une minute et demie.

Portrait dans le bain de glace pendant le stage Wim Hof

Comment on passe de quatre-vingt-dix secondes à dix minutes en quinze jours ? On ne passe pas. On lâche quelque chose.

Cet article, c’est l’histoire de ce week-end. Pas un compte-rendu froid. Un retour brut, intime, de ce qui s’est passé à l’intérieur de moi quand je suis allé rencontrer Wim Hof à Amsterdam les 9 et 10 mai 2026.

Pourquoi j’ai payé 5 500 € pour aller souffrir

Le calcul est simple. 1 500 € pour les deux jours de stage. 2 000 € de formations Wim Hof achetées au Black Friday précédent. 2 000 € pour le voyage à Amsterdam. Au total, 5 500 € pour deux jours en slip de bain dans la campagne hollandaise avec un Néerlandais de soixante-sept ans qui rote, chante et balance des blagues grasses entre deux exercices de respiration.

Si tu me croises au comptoir et que tu me demandes pourquoi, je te dirai que c’est la meilleure dépense de l’année. Mais pour comprendre pourquoi, il faut remonter.

2018. New York. Je suis dans la salle d’un séminaire Tony Robbins, des milliers de personnes autour de moi. À un moment donné, Tony annonce un invité. Un mec arrive sur scène. Pieds nus. Slip de bain. Il gueule, il rit, il fait des trucs qu’on ne fait pas sur une scène. Le public est en transe. C’est la première fois que j’entends parler de Wim Hof. Je ne sais pas encore qui il est. Je sais juste qu’il a quelque chose que les autres n’ont pas.

Pendant les sept années qui suivent, je touche au sujet sans m’y plonger. Quelques respirations ponctuelles. Quelques douches froides. Rien de structuré. Et puis il y a un an, en arrivant dans notre villa à Punta Cana, on a enfin un jardin. J’achète un bain froid à cent dollars sur Amazon. Je commence à aller chercher des glaçons. Je commence à m’initier, pour de vrai.

Très vite, je trouve une bande. Eduardo, mon voisin mexicain, qui développe aujourd’hui un business dans le wellness, et deux ou trois autres. On se rassemble le dimanche. Respiration Wim Hof, bain de glace, on partage. C’est là que ma pratique commence vraiment. Trois minutes, quatre minutes, parfois à un ou deux degrés. Je commence à comprendre ce que ça fait à mon corps. À mon mental. À ma capacité de sortir de ma tête.

Parce que mon vrai problème, c’est ça. Je suis quelqu’un qui rationalise tout, qui veut tout contrôler, qui n’arrive pas toujours à se mettre dans l’instant présent. La méditation, parfois j’y arrive, parfois non. Le froid et la respiration, eux, ne te laissent pas le choix. Quand tu es dedans, tu ne peux pas être ailleurs.

Black Friday 2025. Je vois passer un email de Wim Hof. Promo sur les formations. Je suis dans une période de transition. Je viens de sortir d’un cycle où je gérais un gros business avec des employés, du quotidien lourd, du rythme. J’ai plus de temps maintenant. Plus d’espace. Je clique. J’achète l’Essential. J’achète la formation Instructeur. 2 000 € posés en quelques minutes. Je vois aussi qu’il y a des ateliers en présentiel. Un week-end à Amsterdam au mois de mai. J’envoie un message à Yo Viral, joueur de poker pro, qui m’avait fait découvrir la banya russe quelques mois plus tôt. Ces saunas énormes à plus de cent degrés, avec les véniques où un Russe énorme te frappe avec des branches de bouleau, puis des bains glacés à quatre ou cinq degrés sur lesquels ils te balancent de l’eau froide sur la tête avant de te renvoyer dans le sauna. Yo connaît le truc, il adore. « Tu viens chez Wim Hof ? » Il dit oui. On bloque les billets six mois à l’avance.

Ce que j’allais chercher, c’était trois choses. Comprendre mieux ce qui se passe au niveau du système nerveux. Apprendre la philosophie derrière la méthode, parce que je sens bien qu’au-delà des records Guinness et des vidéos virales, il y a un truc plus profond chez ce mec. Et le rencontrer en vrai, parce que j’ai déjà fait des sessions privées de breathwork avec des instructeurs, et je sais que la respiration peut vraiment faire un reset. Vraiment libérer quelque chose.

Je le crois encore plus aujourd’hui : la respiration Wim Hof, ça soigne. Pas comme un médicament. Comme un outil qui te ramène à toi.

Le seul détail qui pesait dans la balance, c’est que le week-end tombait sur l’anniversaire de mon fils. Et ma femme était à sept mois de grossesse de notre deuxième. J’allais rater son anniversaire. J’allais m’absenter alors qu’elle avait besoin de moi à la maison. Ce n’est pas un détail. C’est un choix. Et ma femme, qui connaît ce genre de processus parce qu’elle a fait des coachings transformateurs elle-même, savait pourquoi j’y allais. Elle savait qu’après l’arrivée du deuxième, ce serait foutu pour un bon moment. Le timing était mauvais et bon en même temps.

J’ai donc embarqué.

Les deux semaines avant : l’humiliation

Je rentre du Japon début mai. Un mois sur place avec ma famille, un mois de déconnexion et de kiff, dont une journée au Mont Fuji qui m’a marqué pour longtemps. Je reviens avec deux semaines de boulot devant moi avant le départ pour Amsterdam. Le rythme reprend, mais pas à moitié. On vient de signer deux deals e-commerce. Deux nouveaux business à intégrer dans le portefeuille. Mails, montages, calls, due diligence, partenariats à boucler, déclarations à faire. Plusieurs nuits jusqu’à minuit, jusqu’à une heure du matin. Et au milieu de tout ça, je remets en route mon bain froid à la maison. Je veux être prêt.

Premier bain. Une minute et demie. Je sors.

Je me dis « pas grave, deuxième essai ». Deuxième bain. Une minute et demie. Je sors. Pareil.

Je ne comprends pas. Quelques mois plus tôt, j’enchaînais trois minutes à quatre ou cinq degrés sans broncher. J’avais construit cette routine, j’avais réussi à descendre la température progressivement, je me sentais bien dedans. Là, je n’arrive pas à passer une minute trente.

Ce qui se passe, je crois que je le sais. C’est le stress du boulot, les deux deals e-commerce qu’on vient de boucler, le mental qui reprend le contrôle parce qu’il y a trop de fronts ouverts en même temps. Tout ce que j’avais réussi à apprivoiser un an plus tôt, je l’avais perdu en quelques semaines de rythme intense. Le corps suit le mental, et le mental court dans tous les sens.

Et j’allais débarquer chez Wim Hof, où il faut tenir cinq minutes, puis dix, devant cinquante personnes et le mec lui-même.

Je vais être honnête : j’avais la honte anticipée. Je m’imaginais sortir du bac au bout de quatre-vingt-dix secondes pendant que des inconnus tenaient le coup. Je m’imaginais être celui qui craque. Le mec qui a payé 5 500 € pour montrer à tout le monde qu’il n’avait rien dans le ventre.

Ce n’était pas le bon état d’esprit. Je le sais maintenant. Mais c’était l’état dans lequel j’étais. Mélange d’excitation, d’appréhension et de petite voix intérieure qui me chuchotait que j’allais me faire démolir.

Quelques jours avant le départ, j’arrête de me prendre la tête. Je pars cinq jours plus tôt à Amsterdam, je loue une villa en périphérie avec sept potes entrepreneurs. On fait notre truc. Trois jours de rencontre, de discussions, de rigolade. C’est exactement ce qu’il me fallait. Je décompresse. Je sors complètement du boulot. Le vendredi soir, quand on plie bagage, je ne suis plus le mec stressé qui sortait du bain au bout d’une minute trente. Je suis un mec calme, présent, ouvert.

J’apprendrai plus tard que c’est probablement le meilleur cadeau que j’ai pu me faire pour préparer ce week-end. Pas une préparation physique. Une préparation mentale, en faisant rigoureusement l’inverse de la performance : me détendre.

Samedi matin. Je monte dans la voiture avec Yo et sa copine. Direction le Wim Hof Center, une heure et quelques de la ville. Plus on s’éloigne, plus la campagne hollandaise s’ouvre. Du vert partout. Des oiseaux. Un soleil de printemps qui commence à taper. Il fait bon. C’est calme. Je regarde par la fenêtre et je me dis que j’avais oublié à quel point l’Europe peut être belle quand on prend le temps de la regarder.

À l’arrivée, on tourne dans une petite route. Un panneau. Une grille. Une statue de Wim Hof à l’entrée du domaine. On est arrivés.

L’arrivée au Wim Hof Center

Le Wim Hof Center, c’est un domaine au milieu de nulle part. Du vert partout, des arbres, une grande bâtisse en bois, des espaces extérieurs aménagés pour les bains, les exercices, la respiration. Une statue de Wim Hof à l’entrée, en plein milieu du chemin. On rigole avec Yo en passant devant. « Bon, on est au bon endroit. »

Je connais déjà Léandre. C’est le gérant du Wim Hof Center français et l’un des main instructors qui encadrent les week-ends à Amsterdam. On avait échangé en amont. Lui aussi est un ancien joueur de poker, ce qui crée tout de suite un pont avec Yo. On arrive et c’est lui qui nous accueille, qui nous présente le lieu, qui nous donne les premières informations. Ça aide. Le décor des vidéos YouTube qu’on a tous vues, on est dedans. Et il y a déjà cette sensation que ce n’est pas un séminaire comme les autres.

Midi. La pièce principale est pleine. Cinquante-sept personnes. Tous les profils : des jeunes, des vieux, des athlétiques, des moins athlétiques. Beaucoup de gens qui ont découvert Wim Hof il y a plusieurs années sur YouTube et qui pratiquent à la maison depuis. Beaucoup de gens qui cherchent une réponse au stress, à la performance, à la charge mentale. Des gens pour qui la méditation ne marche pas, ou marche moyen. Et puis quelque chose qui me marque très vite : beaucoup de gens qui ont été malades. Vraiment malades. Kystes, cancers, maladies chroniques. Des gens qui partagent comment la méthode les a aidés à s’en sortir, à aller mieux, à tenir le coup. Pas dans une logique de « ça remplace la médecine ». Dans une logique de « ça change ce qui se passe à l’intérieur de toi pendant que tu te soignes ». C’est puissant à entendre. Ça plante un cadre que je n’attendais pas.

Et puis Wim entre.

Il a soixante-sept ans. Il rentre dans la pièce, salue tout le monde, remercie tout le monde, et tout de suite il fait le fou. Il chante un bout de chanson, il rote, il balance une blague grasse, il pousse des bruits bizarres. Tout le monde rit. Personne n’est mal à l’aise. Lui non plus. C’est exactement le mec qu’on a vu mille fois en vidéo, à un détail près : il est à trois mètres de toi, dans la même pièce, et son énergie remplit l’espace.

Je vais essayer de mettre des mots dessus, mais ce sera incomplet. Wim Hof a quelque chose que je n’ai pas vu chez beaucoup de gens. Une foi totale. En lui, en sa vision, en ce qu’il fait. Pas de l’arrogance. Une certitude calme.

Tu le ressens dans chaque phrase qu’il dit. Dans chaque blague. Dans la manière dont il pose sa parole. Il est convaincu, à cent pour cent, que ce qu’il transmet est juste, que ça aide les gens, et qu’il faut continuer à le partager. Cette foi-là, par effet miroir, te donne envie d’avoir la même pour toi-même. Pas dans ce qu’il fait, lui. Dans ce que toi tu fais.

Le mec a un côté très beauf, très drôle, très accessible. Le tonton qui balance des blagues à table. Tu le regardes et tu te dis qu’à aucun moment il n’a essayé d’être autre chose que ce qu’il est. Pas de posture, pas de marketing personnel, pas de costume de guru. Un mec en slip de bain qui rit et qui chante. Et en même temps, quand il parle de sa philosophie, de sa vision du monde, de ce qu’il a appris sur le corps humain, tu sens qu’il y a de la profondeur. Beaucoup. Il a passé sa vie à explorer ce truc. Il en parle comme un mec qui sait.

Pour moi, c’est un chaman. Au sens noble du terme. Pas un mec qui fait du business avec le sacré, un mec qui sait amener un groupe dans une direction par sa présence, sa voix, ses tambours. Wim joue énormément de djembé, de percussions. Pendant les respirations, pendant les bains, pendant les transitions, il y a toujours quelque chose qui tape, qui résonne. Et lui qui chante par-dessus. C’est ça son outil. C’est ça sa méthode, au-delà du froid et de la respiration.

Wim Hof, c’est du chamanisme sans drogue, avec un message de paix, d’amour et de partage. C’est cette phrase-là qui m’est venue à un moment du week-end. Et elle a tenu jusqu’à la fin.

Il commence à parler. Une heure de talk. Il pose le cadre. Il parle de l’enfant intérieur, de la connexion au corps, de la foi en soi, des blocages, des traumas. Il parle de sa philosophie. Il parle de paix. Il dit qu’un homme heureux, épanoui, en paix avec lui-même, ne fait pas la guerre. Que c’est en se reconnectant à soi qu’on arrête de projeter la guerre vers l’extérieur. Et puis il rappelle, à plusieurs reprises, que tout ce qu’il transmet est validé par des études scientifiques. Il y tient. C’est important pour lui. C’est aussi son combat : être pris au sérieux par le monde scientifique.

Tu sens un peu d’ego sur cette partie-là. Le besoin de rappeler les guinness, les études, les chercheurs qui ont bossé avec lui. Mais c’est humain. Et c’est tellement enveloppé dans le reste qu’on lui pardonne facilement. À soixante-sept ans, après une vie à se battre pour faire reconnaître ce qu’il fait, il a le droit.

À treize heures, on commence la première respiration.

Premier bain de glace : 30 kg de glaçons, 5 minutes

La première respiration du jour 1 dure une grosse heure. Cinq ou six rondes, je ne me souviens plus. Intense, forte, une énergie qui monte. Wim chante, joue du tambour, guide le rythme. Moi je lâche prise du mieux que je peux. Pour une première, c’est puissant. Je sors de là un peu envoyé sur une autre planète. Pas le climax du week-end, ça viendra le lendemain. Mais une belle mise en bouche.

Quatorze heures, on mange. Repas vegan, très bon, mais sans protéines animales. Je ne suis pas un puriste du vegan mais c’est cohérent avec ce qu’il transmet. La nourriture est légère, on se sent bien. On discute avec les autres participants. Je croise Stanislas, un Russe colosse qui vit à Amsterdam et qui a une agence de production audiovisuelle pour les gros YouTubers, dont Tibo InShape. Un mec énorme physiquement avec une vraie douceur dans les yeux. Brothers in arms, comme on se dira plus tard.

Je suis à peine en train de finir de manger que Wim Hof se repointe. En slip. Le sien est beige, celui de Yo aussi d’ailleurs, le mien est rouge. Il a un grand sourire.

« Allez, c’est parti. »

On embarque dans le premier groupe. Avec Yo, on voulait passer en premier. Pas pour montrer quoi que ce soit, juste pour ne pas avoir le temps de réfléchir. On marche jusqu’aux bacs. Ils sont remplis d’eau glacée. Pour nous, le premier groupe, ils rajoutent trente kilos de glaçons supplémentaires. L’eau doit être entre deux et trois degrés. Cinq minutes prévues.

On monte dans le bac. On reste debout le temps que tout le monde s’installe. Le froid attaque les pieds, monte aux mollets. Mes genoux commencent à claquer avant même que je m’assoie. Une voix dans ma tête, instantanément : « casse-toi, sors, c’est pas pour toi. »

La copine de Yo, qui est dans le même bac, sort presque immédiatement. Elle ne le sent pas. Personne ne juge. Ça arrive. Wim chante. Yo bouge dans tous les sens à côté, ce qui remue l’eau autour de moi et accentue le froid sur mes jambes. Je ne lui dis rien. Je reste sur mon souffle. Je sens juste le froid de son mouvement sur ma peau, et je reste là, ancré, à l’intérieur. Les tambours frappent autour. D’autres gens commencent à chanter avec Wim. Des sons tribaux, des « wow wow wow », des choses qui ne ressemblent à rien de structuré. Je me mets à chanter aussi. Je ne sais pas pourquoi. Ça sort tout seul. Ça aide à tenir.

Cinq minutes, c’est long. Plus long que ce que tu imagines. Mes bras me piquent. Mes pieds, je ne les sens plus. Le froid devient une douleur sourde, partout. À plusieurs reprises, je me dis « non, je vais pas tenir, je sors ». Et juste à côté, l’autre voix : « reste, c’est exactement là que tu dois être ». Je reste.

Léandre annonce une minute. Il est en dehors du bac, il organise, il rythme, il soutient le groupe. C’est lui qui tient le cadre pendant que Wim est avec nous dans la glace. Je me dis « allez, jusqu’au bout ». Je tiens. À la fin des cinq minutes, alors que la plupart sortent, je profite que Wim soit encore là pour faire une photo avec lui dans le bain. Comme si je ne ressentais plus le froid. Comme si j’étais bien. Sur la photo, je suis souriant à côté de lui, dans l’eau glacée, et elle est très rock’n’roll. Je l’adore. C’est l’image que je vais garder.

Enzo Honore avec Wim Hof dans le bain de glace au Wim Hof Center

Je sors. Et là, le froid s’installe pour de vrai. Les dents qui claquent, le corps qui tremble, le besoin de bouger. On enchaîne sur la position du Horse Stance, cette posture inspirée des arts martiaux où tu te tiens debout, jambes écartées, comme un cavalier, bras tendus, en respirant pour faire remonter la chaleur. Wim l’a popularisée comme exercice de réchauffement post-bain. Tu as l’air d’un con. Tout le monde a l’air d’un con. Et ça marche. La chaleur revient peu à peu. Les pieds reprennent vie. Le sourire revient sur les visages.

Position du Horse Stance apres le bain froid au stage Wim Hof

On nous demande de se regarder dans les yeux pendant qu’on respire ensemble. Cinquante personnes, à l’unisson, qui viennent de partager la même épreuve. Il se passe un truc. Une connexion. Une espèce d’unicité tribale. On vient de faire un truc difficile, ensemble, et ça nous lie.

C’est rare et c’est précieux.

Après le bac, sauna. Un énorme sauna en bois qui peut accueillir vingt ou trente personnes. Je suis Wim qui court devant comme un gamin. Je me place juste à côté de lui. Au début, c’est le brouhaha, tout le monde parle. Et puis Wim commence à dire un truc, et le silence se fait. Tout le monde tend l’oreille. Pendant quarante minutes, dans ce sauna, on lui pose des questions. Sur la méthode, sur sa philosophie, sur sa vie. Il répond avec la même énergie qu’il avait dans la pièce principale. Drôle, profond, déconnant, sincère. Il chante encore un peu. Il rote. Il rit.

Je glisse une question. Il me répond, me regarde, me tape sur l’épaule. C’est un instant qui paraît banal et qui ne l’est pas. Tu as ce mec qui a marqué les guinness, qui a fait Tony Robbins, qui a soulevé des controverses, qui parcourt le monde, qui te répond comme si tu étais son neveu. Et tu te rends compte qu’il fait ça avec tout le monde, toute la journée, sans changer une seconde de posture. C’est la même personne pour toi que pour le mec d’à côté.

Ce moment de sauna avec Wim, c’est l’un des plus beaux du week-end.

On enchaîne avec une autre respiration, plus courte, puis on rentre. Yo et moi, on quitte le centre vers vingt heures. Le soleil tape encore dans la campagne hollandaise. Les oiseaux chantent. On rentre à l’hôtel, on dîne, on se couche tôt. Le lendemain, c’est le jour 2. Et le jour 2, c’est le jour qui va vraiment changer quelque chose.

Jour 2 : la respiration où quelque chose est sorti

Le matin du jour 2, l’énergie est différente. Le groupe a passé une journée ensemble. Tout le monde sait qu’aujourd’hui, ça va être plus intense. Wim entre dans la pièce et l’annonce sans détour. Aujourd’hui, on va plus loin. Aujourd’hui, on va lâcher les traumas. Aujourd’hui, on va buter l’ego.

Ce sont ses mots, à peu près. Il dit aux gens d’avoir la foi. D’y aller avec une intention ferme. De faire confiance à leur capacité de transcender ce qu’ils ont à transcender. Il parle de l’enfant intérieur. Il parle de cette divinité qu’on a tous à l’intérieur de nous et à laquelle on ne se connecte plus.

Je l’écoute et je décide. Aujourd’hui, je donne tout. Je ne tiens rien, je ne contrôle rien, je ne retiens rien. Si quelque chose veut sortir, ça sort.

On s’allonge. La respiration commence.

Je ne sais pas combien de rondes on va faire. Plus que la veille en tout cas. Probablement plus d’une heure de respiration. Wim guide à la voix. Inspire profond, expire relâché. Inspire profond, expire relâché. Et là, je comprends très vite qu’il ne respecte pas les séquences habituelles. Sur la formation, sur les vidéos, c’est trente ou quarante respirations par ronde. Là, on en est à quarante, et il ne s’arrête pas. On continue. Cinquante, peut-être plus, je n’en sais rien, je perds le fil. C’est lui qui décide. Et c’est très intense. Puis apnée poumons vides. Puis grande inspiration retenue. Puis on relâche, on respire normalement, on reprend.

À chaque ronde, ça monte. À chaque ronde, je donne un peu plus. Inspire à fond, expire à fond. Inspire à fond, expire à fond. Et entre les rondes, pendant les apnées, Wim chante. Joue du tambour. Met de la musique. Sa voix porte, sa présence remplit la pièce. Tu sens que c’est exprès. Tu sens qu’il construit quelque chose dans l’énergie collective.

Au bout d’un moment, mon corps commence à bouger tout seul. Des contractions. Des spasmes. Mes mains se crispent, mes pieds aussi. Ce sont les fameuses tétanies respiratoires, c’est connu, ça s’explique scientifiquement par les changements de pH du sang. Je le sais. Mais cette fois, je ne lutte pas. Je ne ramène pas le contrôle. Je laisse mon corps faire ce qu’il a à faire.

Et là, je commence à visualiser. Je vois des traumas un peu partout dans mon corps. Comme des nœuds. Comme des paquets d’énergie figée. Je vois qu’ils veulent sortir. Je sens qu’ils veulent sortir. Mon corps tremble, mes mains se contractent, je sens des choses qui montent.

Je crois que c’est à la deuxième apnée. Le moment où, normalement, on est en silence, on est dans le calme, on est en suspension. Je suis allongé, poumons vides, et une larme coule. Une seule. Lentement.

Je ne comprends pas pourquoi. Je n’ai pas de pensée triste. Je ne pense à rien de particulier. Quelque chose se passe à l’intérieur de moi, et mon mental n’est pas invité.

Je sens monter quelque chose. Je ne sais pas ce que c’est. Je vais d’abord rire. Alors qu’on est censé être en apnée poumons vides, je me mets à rire. Mon mental essaie de revenir, me dit « non, tu casses la respiration, recentre-toi ». Je le repousse. Tant pis pour le protocole. Je laisse passer ce qui veut passer.

Et juste après, ça change. Le rire devient autre chose. Je me mets à pleurer. Fort. Vraiment fort. Des sanglots qui sortent, des sons que je n’ai jamais faits avec ma bouche. Je crie. Je hurle des trucs sans mots, des sons rauques, profonds. Mon corps est secoué. Je n’ai plus d’air dans les poumons, et pourtant, sur chaque expire, il y a quelque chose qui veut sortir.

Je tiens jusqu’au moment où je n’ai plus rien à expirer. Plus de souffle, plus de son, plus de larme. Vide complet. Et là, je sens. Physiquement. Quelque chose qui sort de moi. Par la bouche, par le ventre, par je ne sais où. Quelque chose qui était là et qui n’est plus là.

Dans le bain de glace au Wim Hof Center, Amsterdam mai 2026

Sur la ronde suivante, je me concentre sur cette sensation. Je veux y retourner. Je veux libérer plus. J’inspire encore plus fort, j’expire encore plus fort, je donne tout. Et ça revient. D’autres vagues. D’autres relâchements. Pas aussi puissants que le premier, mais bien présents.

Je ne saurai jamais exactement ce qui est sorti de moi. Ce que je sais, c’est que quelque chose était là, et que quelque chose n’est plus là.

Des peurs. Des traumas anciens. Des émotions stockées. De l’énergie négative accumulée sur des mois, peut-être des années. Du stress de la dernière période. Quelque chose en lien avec mes enfants, avec mes parents, avec ma propre histoire. Je ne mets pas de mot précis dessus, et je crois que c’est mieux comme ça. Le mental cherchera à expliquer. Le corps, lui, sait.

Pendant que je vis ça, Wim continue de guider. À un moment, il dit quelque chose qui me frappe en plein cœur. Il parle de l’amour. Il parle du pouvoir qu’on a quand il s’agit de protéger un enfant. Il dit que si tu vois ton fils traverser la rue et qu’une voiture va le renverser, tu cours plus vite que tu n’as jamais couru. Que s’il faut soulever une voiture, tu soulèves une voiture. Ce pouvoir inhumain, dit-il, il est en toi. Il y a toujours été. Il est toujours disponible. Le problème, c’est juste qu’on ne s’y connecte pas. Qu’on n’a pas appris à le réveiller.

Et là, allongé, vidé, en train de pleurer sans savoir pourquoi, je vois mon fils. Je vois ma fille à venir. Je vois ma femme. Je sens à l’intérieur de moi un pouvoir énorme. Un truc qui sommeille. Et je sens l’intention monter, claire, ferme : le réveiller. M’y connecter. Y croire. Avoir la foi en ce pouvoir.

C’est difficile à mettre en mots. Les mots ne seront jamais à la hauteur. Mais voilà ce que j’ai vécu sur ce tapis. Et c’est ce que j’emporte avec moi pour le reste de ma vie.

La respiration se termine. On se relève doucement. Je suis vidé, lavé, ouvert. Le groupe est silencieux. Tout le monde a vécu quelque chose, à sa façon. Certains pleurent encore. D’autres rient. D’autres regardent dans le vide. Wim circule entre nous, pose une main sur une épaule, un regard, un sourire. Il sait. Lui, il a vu mille fois ce qui vient de se passer.

Il nous dit de prendre notre temps. De boire. De respirer normalement. La musique change. La tonalité descend, se fait plus douce, plus enveloppante. On nous laisse revenir à nous, à notre corps, à la pièce. Quelques minutes passent. Et puis Wim annonce la suite. Direction la glace. Dix minutes.

Dix minutes dans la glace

Avant d’y aller, je regarde les autres. Les groupes passent. Par dizaines à peu près. Dix minutes chacun. Et ce que je vois me retourne. Des gens qui n’avaient jamais fait de bain froid avant ce week-end. Des gens qui m’avaient dit la veille qu’ils n’avaient pas envie d’y aller. Des gens qui pensaient sincèrement que c’était impossible, qu’ils ne tiendraient pas, que ce n’était pas pour eux. Ces gens-là rentrent dans la glace, restent dix minutes, et ressortent debout. Souriants. Transformés.

C’est ça, le vrai cassage de croyance. Pas la performance. Voir des gens qui ne croyaient pas pouvoir le faire, le faire.

Je suis spectateur de ça pendant un long moment. Il y a beaucoup d’appréhension sur les visages avant qu’ils y aillent. Et puis l’énergie collective les porte. Les tambours qui tapent, Wim qui chante, les autres qui encouragent, le groupe qui se tient. Et eux, ils plongent. Ils restent. Ils sortent.

Je sens monter en moi quelque chose de différent de la veille. Pas de l’anxiété. De l’envie. J’ai envie d’y aller. J’ai envie de le faire. J’ai envie de me prouver à moi-même. Et surtout, j’ai la foi, à cet instant précis, que je peux le faire. Je me focalise sur cette foi-là. Je la nourris en regardant les autres. Je la laisse monter.

Mon tour arrive. Je monte dans le bac. Et là, surprise : c’est plus facile qu’hier. Les premières secondes sont nettement moins violentes. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que mon corps a déjà connu. Peut-être parce que mon mental a lâché après la respiration de tout à l’heure. Peut-être les deux. Je suis assis dans l’eau glacée et je me sens étrangement bien.

Puis les premières minutes passent. Et la douleur arrive. Pas progressivement comme hier. Brutalement. Au bout de trois ou quatre minutes, mon corps proteste de partout. Les pieds, les mains, les bras, le dos. Le froid devient une violence. La douleur monte, pulse, ne lâche pas.

Et c’est là que la dynamique de groupe joue à fond. Tout autour de moi, les autres sont dans la même galère. Personne ne sort. Tout le monde chante, ou crie, ou respire fort, ou regarde Wim. On se rattache les uns aux autres. Quelqu’un commence un chant, d’autres reprennent. Quelqu’un rit, d’autres rient avec. C’est un combat collectif. Et personne ne quitte le combat.

On va tous le faire. On va tous finir les dix minutes. Tous ensemble.

Léandre annonce les minutes qui passent. Cinq minutes. Sept minutes. Huit. Neuf. Dix. On sort. Tous. Personne n’a craqué.

Et là, dans la seconde où je sors du bac, je sens un truc que je n’ai jamais senti après un bain froid. Pas le froid. Pas les dents qui claquent. De la chaleur. Une chaleur qui monte de l’intérieur. Mon corps pique, vibre. Je sens du feu partout, à travers les bras, dans la poitrine, dans le ventre. De l’énergie qui circule. De la vie qui circule. Inexplicable.

Je viens de faire un truc que je croyais impossible quinze jours plus tôt. Et j’ai vu cinquante inconnus le faire avec moi. Si ça, c’est possible, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

Cette question-là, posée à ce moment-là, vidée par la respiration, débordante de chaleur, c’est elle qui change quelque chose en profondeur. Pas les dix minutes en elles-mêmes. La preuve, dans mon corps, qu’une croyance que j’avais hier n’existe plus aujourd’hui.

On enchaîne directement sur le Horse Stance. Posture de cavalier, jambes écartées, bras tendus, respiration forte. C’est ce qui ramène la chaleur, ce qui referme proprement le bain. Personne ne s’évacue. Personne ne sort de la dynamique. On reste collectif jusqu’au bout.

On fait un autre tour de bain dans la foulée. Plus court, plus léger, presque facile. Puis sauna ensemble, dans le grand cigare en bois où on s’était retrouvés la veille avec Wim. On parle peu cette fois. On laisse infuser. Et puis, juste à côté du sauna, il y a une petite cascade. On y va. On se jette dessous, à tour de rôle, en sortant brûlants, sous l’eau froide qui te claque la peau. Ça rit. Ça crie. Ça vit.

Cascade froide du Wim Hof Center, Amsterdam

Et puis le moment qui, pour moi, ferme vraiment ce week-end. On se rassemble en cercle. Tous. Cinquante-sept personnes assises ou debout, en demi-cercle large. Et chacun, l’un après l’autre, partage son retour d’expérience. Ce qu’il a vécu, ce qu’il a senti, ce qui s’est ouvert pour lui. Personne ne juge. Personne n’interrompt. Wim écoute. Léandre écoute. Le silence entre les prises de parole est doux.

C’est dans ce cercle que je découvre vraiment les autres. Pas leurs métiers, leurs villes, leurs petites histoires. Ce qu’ils sont en train de traverser dans leur vie. Pourquoi ils sont venus. Ce qu’ils s’autorisent à dire pour la première fois à voix haute.

C’est là que j’entends, en détail, les histoires de ceux qui ont été malades. Le cancer guéri, le kyste résorbé, la dépression sortie, la maladie chronique apprivoisée. Comment la respiration, le froid, et surtout la foi, ont accompagné leur soin. C’est là aussi que j’entends des choses plus intimes. Un deuil. Une rupture. Un burn-out. Un père absent. Un enfant perdu. Des gens vrais, qui se racontent vrais, devant des inconnus qui les écoutent vraiment. Quelque chose se tisse entre nous tous, à ce moment-là. On ne se quittera pas comme on s’est rencontrés.

Le cercle se termine. On se prend dans les bras. On rit, on pleure, on échange quelques contacts. Personne n’a envie de partir, et tout le monde sait qu’il faut partir. On se rhabille. On se regarde tous, un peu hagards, un peu transformés. Les regards ont changé depuis la veille. C’est tangible.

Avec Wim Hof et Leandre Omeir, instructeur francais de la methode

Le retour à la maison

On quitte le centre dans la soirée. Taxi vers l’hôtel près de l’aéroport pour être tranquille le lendemain. Yo, sa copine et moi. On parle peu. On a tous vécu quelque chose, chacun à notre échelle. On dîne, on se couche. Je dors comme un bébé.

Le matin, avion. Une journée entière de voyage pour rentrer à Punta Cana. Dans l’avion, je prends des notes. Beaucoup de notes. Je veux capter ce que je viens de vivre avant que ça se dilue. Je sais d’expérience qu’une transformation peut s’évaporer si on ne lui donne pas de mots, pas de support, pas de pratique pour l’ancrer.

J’envoie aussi un petit retour rapide à un copain entrepreneur, Don-Pierre Albertini, qui m’avait demandé comment ça s’était passé. Il me répond, intéressé, et me dit de lui détailler vraiment, de tout partager. C’est ce message-là qui a tout déclenché. En lui répondant, je commence à mettre des mots sur mes sensations, sur les images qui me restent, sur ce qui s’est ouvert en moi. Et je me rends compte que ce que je suis en train d’écrire pour lui peut intéresser beaucoup d’autres gens. Don-Pierre, sans le savoir, est à l’origine de cet article. Merci à lui.

Cet article, en grande partie, est sorti de ces notes prises dans l’avion et de ces premiers échanges avec Don-Pierre. Pour un copain qui demandait comment ça s’était passé. Et puis pour moi aussi.

Je rentre. Je retrouve ma femme à sept mois de grossesse, et mon fils. Ils m’ont manqué. L’anniversaire de mon fils a eu lieu sans moi, et même si on l’a célébré autrement avant et après, je sens ce manque. Je le sais et je l’accepte. C’était le prix à payer, et ma femme me l’a dit clairement avant que je parte : « vas-y, tu en as besoin, après la naissance ce sera foutu pour un bon moment ». Elle a raison. Elle a toujours raison sur ces sujets.

Je lui raconte tout. En détail. Elle est dans ce monde-là depuis longtemps, elle a fait ses propres coachings transformateurs, elle comprend ce que je raconte. Il n’y a pas de gap, pas de décalage à combler. On partage le même niveau de conscience là-dessus, et c’est un cadeau immense que peu de couples ont. Je n’ai pas besoin de traduire. Je raconte, elle entend, elle voit, elle sait.

Concrètement, qu’est-ce qui a changé depuis ?

La foi. Plus de foi en moi. Plus de foi en mes capacités, y compris celles qu’on ne peut pas vraiment expliquer. Plus de foi dans cette voie que je suis en train de tracer. Une couche d’ego en moins. Une distance plus grande avec le regard des autres. J’ai posté un truc sur Instagram en rentrant, où je disais qu’on avait tenu dix minutes dans la glace. On m’a traité de menteur. On m’a dit que c’était impossible. Avant, ça m’aurait piqué. Là, je l’ai lu, j’ai souri, j’ai passé à autre chose. Le travail des derniers mois sur l’amour de soi, la confiance en soi, la distance avec ce que les autres pensent, ça paye.

Mon père m’avait ramené un djembé d’Afrique quand j’étais gosse. Je vais le ressortir. J’ai aussi un tambour chamanique qui dormait dans un placard, je vais le ressortir aussi. Je vais continuer la respiration tous les jours. Je vais continuer le bain froid. Je vais suivre la formation Instructeur jusqu’au bout, voire la valider, parce que je veux aller plus loin dans la compréhension de ce qui se passe dans le corps. Et je vais partager. Recommander. Inviter les gens à tester. Parce que je crois, vraiment, que la respiration et le froid ont un effet guérisseur très puissant.

Ce qui n’a pas changé : la direction. Je sais toujours où je vais. Je sais toujours ce que je veux construire. Le business, les projets, la vision. Rien de ça ne s’est effondré. C’est même l’inverse. Les fausses croyances qui me limitaient sont tombées. Les croyances positives, elles, sont renforcées. La foi est plus solide. C’est exactement ce que je cherchais.

Je ne suis pas devenu quelqu’un d’autre. Je suis devenu plus moi.

Pourquoi cet article sur un site business

Si tu me lis depuis longtemps, tu me connais pour le business, pour le e-commerce, pour les podcasts avec des entrepreneurs qui parlent de scaling, de chiffres, de stratégie. Tu te demandes peut-être ce que ce récit fait là.

Voilà ma réponse, sans détour.

Tous les mecs et toutes les meufs que j’ai croisés, qui ont vraiment construit quelque chose de grand sans s’auto-détruire, sont passés par ce genre de travail. Pas forcément Wim Hof. Pas forcément la respiration. Pas forcément le froid. Mais ce travail intérieur. Le coaching. La thérapie. Le développement personnel. La spiritualité au sens large, qu’on l’appelle comme on veut. Le retour à soi. La connexion au corps. La gestion du système nerveux. Ce n’est pas une option. C’est une étape obligatoire de la croissance.

Tu peux pousser comme un âne pendant vingt ans. Tu peux faire ton chiffre, scaler ta boîte, multiplier les zéros sur ton compte. Et tu peux te réveiller à quarante-cinq ans, vide, perdu, en burn-out, avec une famille qui ne te reconnaît plus et un corps qui lâche. J’ai vu ce film mille fois. J’ai été dans ce film à un moment de ma vie. Je n’y retournerai pas.

Tu peux aussi faire les mêmes choses, atteindre les mêmes résultats, et kiffer le chemin. Comprendre pourquoi tu fais ce que tu fais. Prendre tes décisions depuis un endroit calme, plein, présent. Profiter de ta famille, de ton corps, de tes moments. Voir tes enfants grandir au lieu de les voir sur des photos. Ce chemin-là existe. Il n’est pas plus lent. Il n’est pas plus mou. Il est juste différent. Et il demande, à un moment, de prendre le temps de te poser et de te regarder.

Wim Hof, ce n’est pas du wellness en plus. C’est un raccourci d’accès à ton système nerveux, à ta confiance, à ta foi. Et la foi, c’est exactement ce qui sépare les gens qui font les vraies choses des gens qui restent dans le commun.

Je vais aller plus loin et j’assume. Je crois qu’on est tous des chamanes. Tous des guérisseurs. Tous des alchimistes. On a tous, à l’intérieur, une énergie qu’on peut apprendre à canaliser pour se soigner, pour avancer, pour aider les autres. Wim le fait avec son énergie, sa présence, sa guidance. D’autres le font autrement. Toi, tu peux le faire à ta façon. Pas parce que tu es spécial. Parce qu’on l’est tous.

Le pouvoir est là. À l’intérieur. Disponible. Le problème, c’est qu’on n’a pas créé les chemins neuronaux pour y accéder. La respiration les crée. Le froid les crée. La méditation les crée. Le silence les crée. Les bonnes lectures, les bons coachs, les bonnes pratiques les créent. C’est tout.

Si tu es entrepreneur, ambitieux, performeur, stressé, dans la charge mentale, dans le brouillard, dans le rythme qui ne s’arrête jamais, et que tu sens qu’il manque un truc sans savoir quoi : c’est probablement ça qui manque. Ce n’est pas un livre business de plus. Ce n’est pas un nouveau funnel. Ce n’est pas une nouvelle stratégie marketing. C’est une connexion à toi que tu as laissée filer en route.

Je peux te recommander Wim Hof les yeux fermés. J’ai déjà recommandé ce week-end à une trentaine de potes entrepreneurs depuis mon retour. Le prix est accessible pour ce que c’est. Le staff est top. Léandre, l’équipe française, encadrent superbement. Et Wim, à soixante-sept ans, est toujours pleinement là, présent, drôle, sincère.

Tu as mille cinq cents euros à mettre dans une expérience qui peut changer ta façon de voir le monde ? Tu n’as pas besoin d’acheter les formations en ligne. Le week-end seul vaut le coup. Mets-les là.

Ce que j’emporte

Je termine cet article trois jours après le week-end. On est mardi. Je continue ma pratique. Bain froid plusieurs fois par semaine. Respiration tous les jours. Le djembé est sorti du placard. Le tambour aussi. Je me connecte. Je joue. Je respire. Je laisse les choses traverser.

Wim Hof n’est pas une religion. Ce n’est pas la seule voie. Ce n’est pas un médicament. C’est un outil. Un outil puissant, qui ouvre une porte à l’intérieur, et derrière cette porte il y a tout ce que tu n’as pas exploré jusqu’à maintenant. Ce qui se passe ensuite t’appartient.

Pour moi, ce week-end a confirmé une direction. Plus de foi. Moins d’ego. Plus de connexion. Moins de regard des autres. Plus de partage. Moins de retenue. Plus de joie. Moins de poids. Et une certitude tranquille, profonde, que le pouvoir qu’on cherche dehors est déjà dedans.

Breathe motherfucker. It’s time for the soul.

Avec Wim Hof a la fin du stage, Amsterdam mai 2026

Si tu te reconnais là-dedans

On en parle ?

Si tu es entrepreneur, que ta charge mentale est devenue trop lourde, et que tu sens qu’il y a une autre façon d’entreprendre, on peut échanger. 30 minutes dans mon agenda, c’est offert.

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