3 avril 2026

Conscience, amour, argent et business : trois entrepreneurs face à leurs vérités

Il y a des épisodes de podcast qu’on écoute en faisant autre chose. Et il y a ceux qu’on écoute les yeux fermés, parce qu’on sent que quelque chose va résonner fort. Celui-là appartient à la deuxième catégorie.

Pour cette conversation, j’ai réuni deux personnes qui comptent pour moi : Julien Musy et Anthony Morvan. On se connaît depuis des années. On a chacun couru vite, couru loin, généré des millions d’euros sur internet, accumulé des millions de vues, réalisé des rêves de gosse. Et à un moment, on s’est tous les trois arrêtés. Pas parce que ça ne marchait plus. Mais parce que ça marchait peut-être trop bien, et que ça ne suffisait plus.

On a décidé de faire quelque chose qu’on n’avait jamais fait : chacun a mis trois mots dans une tasse. Neuf mots au total. On les a tirés un par un, et on a dit la vérité sur ce que ce mot représente aujourd’hui dans nos vies. Pas de script, pas de préparation, juste trois entrepreneurs quelque part entre le chemin aller et le chemin retour.

La conscience : de l’ésotérisme à la vigilance quotidienne

Premier mot tiré : conscience. Et dès le départ, quelque chose de net est apparu dans la conversation.

Pour Julien et Anthony, la conscience a longtemps été quelque chose d’extérieur à soi. Un grand principe mystique, un truc à connecter, à découvrir, qui allait peut-être leur donner un avantage sur les autres. Quelque chose d’un peu perché, de puissant, de presque ésotérique.

Aujourd’hui, ce mot pointe vers autre chose. Vers la vigilance. Vers la présence à ce qui se passe en soi, heure par heure. Est-ce que mon système nerveux est en ressource ou en survie en ce moment ? Est-ce que je prends des décisions depuis un état de force ou depuis un état de peur ? C’est ça, la conscience telle qu’ils la vivent maintenant.

Anthony le formule clairement : “Avant, c’était quelque chose de grand et d’extérieur. Aujourd’hui, c’est boring as fuck. Et c’est justement pour ça que c’est beaucoup plus puissant.”

Ce glissement dit quelque chose d’important sur la trajectoire de beaucoup d’entrepreneurs. On commence souvent par chercher des révélations, des déclics, des éveils. Et on finit par comprendre que le vrai travail, c’est de rester conscient dans le banal. Dans la décision du lundi matin, dans la conversation difficile, dans la fatigue du jeudi soir.

L’amour : un verbe, pas un concept

Deuxième mot : amour. Et là aussi, l’évolution est frappante.

Anthony l’exprime avec une honnêteté qui fait du bien : pendant longtemps, il utilisait un discours philosophique sur l’amour universel, l’amour inconditionnel, l’amour comme nature profonde de la réalité, pour éviter de voir que dans ses relations proches, il n’était pas forcément très aimant au quotidien.

“J’essayais d’aimer là où avant je recherchais l’amour”, dit-il. Cette phrase mérite qu’on s’y arrête.

Julien apporte une nuance intéressante : pour lui, les deux formes d’amour existent et se nourrissent mutuellement. L’amour humain, concret, dans les gestes du quotidien, peut te connecter à quelque chose de plus grand. Et à l’inverse, toucher à cet amour plus profond, plus universel, donne envie d’aimer dans le réel et dans la relation.

Quant à moi, ce que j’ai partagé dans cet épisode, c’est que l’amour m’est apparu comme de l’énergie de vie. Cette énergie à l’intérieur de soi qu’il faut prendre soin de cultiver, de partager, et qui se manifeste dans les moments les plus simples : faire des guilis à son fils à minuit et l’entendre rire comme s’il n’existait ni passé ni futur.

La transformation : vraiment ou en marketing ?

Troisième mot : transformation. Et là, les avis divergent légèrement, ce qui rend la conversation d’autant plus intéressante.

Julien pointe quelque chose de vrai : le mot transformation a pris une coloration très marketing dans le monde du développement personnel. On vend des weekends de transformation, des séminaires qui vont tout changer, des programmes qui vont te reconstruire en quelques semaines. Et derrière cette promesse, il y a souvent l’idée que quelque chose peut basculer instantanément.

Sa conviction : la transformation est un processus graduel. Il y a un moment où ça bascule, oui. Mais ce moment n’est que le sommet d’un travail qui se fait dans le temps, souvent sans qu’on s’en rende compte.

Anthony apporte une image belle : “L’éveil est un accident, mais encore faut-il conduire jusqu’au carrefour.” Autrement dit, les conditions se créent, les habitudes s’installent, les questions s’accumulent, et à un moment quelque chose se produit. Appeler ça une transformation, c’est mettre toute la lumière sur le point d’impact, en oubliant les kilomètres de route qui y ont mené.

Ce que les trois retenons : méfiez-vous de ceux qui vous promettent une transformation instantanée. Mais ne refusez pas non plus l’idée qu’un moment puisse changer quelque chose de durable. La vérité est probablement dans les deux.

L’argent : la croyance qui sabote tout

Quatrième mot : argent. Et celui-là, il touche là où ça fait mal.

On vient tous les trois du manque. On a tous couru après l’argent avec une énergie qui tenait autant de la peur que de l’ambition. Et on a tous vécu le moment où l’argent était là, en quantité, et où quelque chose ne fonctionnait toujours pas.

Julien l’a dit simplement : “J’ai chié dans mon froc quand j’ai vendu mon business et que je me suis retrouvé sans revenu. Je n’avais jamais eu autant d’argent et je me suis jamais senti aussi pauvre.”

Ce paradoxe, Anthony le nomme avec précision : une croyance profonde que la valeur propre est indexée directement aux résultats financiers. Quand le chiffre d’affaires monte, l’estime de soi monte. Quand il chute, tout chute avec. C’est un mécanisme inconscient, construit souvent depuis l’enfance, renforcé par la société, et particulièrement dévastateur pour les entrepreneurs.

Ce qui m’a frappé dans cet épisode, c’est l’idée que ce n’est pas toujours un problème d’argent. C’est souvent un problème de sens. Ne pas se sentir à sa place, ne pas contribuer à quelque chose qui compte, ne pas avoir l’impression que ce qu’on fait a du sens : voilà ce que l’argent masque ou amplifie, sans jamais vraiment résoudre.

Le business : de but en soi à outil au service de la vie

Cinquième mot : business. Et là, la transformation dans les trois discours est peut-être la plus visible.

Il y a quelques années, pour chacun d’entre nous, le business était au centre. Il définissait qui on était. Alpha Body, c’était Anto. Le business faisait la personne.

Aujourd’hui, le mot lui-même évoque quelque chose de différent. Pour Julien, il résonne encore avec un personnage qu’il a longtemps incarné, un personnage calculateur et déconnecté de lui. Pour Anthony, le business est redevenu ce qu’il a toujours été censé être : un moyen. Le meilleur moyen qu’il connaisse pour vivre la vie qu’il veut vivre, pour créer du lien, pour développer des compétences, pour avoir un impact.

Ce que j’ai partagé dans cet épisode : j’ai racheté trois business ce mois-ci. Une marque de casseroles, une marque de compléments alimentaires pour chiens, une marque de literie. Ça n’a aucun rapport les uns avec les autres. Et c’est exactement pour ça que je kiffe. Parce que je joue au business maintenant, au lieu de m’y noyer.

Le MBTI : outil d’exploration, pas étiquette définitive

Sixième mot : MBTI. Et Anthony, qui explore ce système depuis quinze ans, pose quelque chose d’important.

Le MBTI n’est pas un test. Ce n’est pas une science. C’est un indicateur d’orientation psychologique. Ça ne dit rien de vos motivations profondes, rien de ce qui vous fait peur. Ça dit simplement comment vous tendez à percevoir le monde et à prendre des décisions.

L’image qu’il donne est belle : si on vous montre un tableau pendant deux secondes, certains verront l’atmosphère générale, la texture, la lumière. D’autres verront un détail précis, un chemin, une pierre, une forme. Ce n’est pas que l’un perçoit mieux que l’autre. C’est que la porte d’entrée dans la réalité est différente. Et si vous connaissez votre porte d’entrée naturelle, vous pouvez commencer à explorer vos angles morts.

La meilleure façon d’approcher le MBTI selon Anthony : lire les descriptions des huit fonctions cognitives sans répondre à un test. Voir lesquelles résonnent. Laisser venir, comme avec une carte de tarot, sans chercher à se coller une case.

Ce qu’on n’a pas eu le temps de dire

Il reste trois mots dans la tasse : méritocratie, non-dualité, et ayawaska. On n’a pas eu le temps d’y aller.

Mais je veux dire un mot sur la méritocratie, parce que c’est un sujet qui me travaille en ce moment. J’ai compris récemment que croire au mérite me limitait profondément. Parce que si tu réussis, une partie de toi cherche toujours à prouver que tu l’as mérité. Et si tu échoues, tu es convaincu que tu ne le méritais pas. Dans les deux cas, tu es coincé.

La conclusion à laquelle je suis en train d’arriver : fuck la méritocratie. Je prends, je kiffe, je crée. Le mérite ne change rien à la valeur de ce qu’on construit.

Retrouvez les invités de cet épisode

Si cette conversation vous a parlé et que vous voulez continuer à suivre le travail de Julien et Anthony, voici où les retrouver.

Anthony Morvan partage son exploration autour du système nerveux, des outils de connaissance de soi et de l’entrepreneuriat aligné. Son Instagram : instagram.com/anthony_morvan

Julien Musy propose une approche plus poétique et philosophique du business et de la vie, avec des prises de parole qui invitent vraiment à ralentir et à regarder les choses autrement. Son Instagram : instagram.com/julien__musy

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