2 avril 2026

Vendre son entreprise, reconstruire sa vie : la conversation vérité avec Luc Thilliez

Ce podcast n’était pas censé exister

Il y a des épisodes qu’on prépare pendant des semaines. Et il y a ceux qui arrivent par accident, et qui finissent par être les plus vrais, les plus utiles, les plus marquants.

Celui-ci fait partie de la deuxième catégorie.

Avant de démarrer l’enregistrement avec Luc Thilliez, j’avais lancé le micro comme d’habitude. On n’avait pas parlé depuis longtemps. Il m’a demandé : “Alors, comment tu vas ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as vendu ton business ?”

Ce qui a suivi, c’est plus d’une heure de conversation non filtrée, non prévue, non scriptée. Une discussion entre deux entrepreneurs qui se connaissent vraiment, pas la version LinkedIn, la vraie version.

J’ai décidé de la publier intégralement. Parce que si elle m’a apporté autant de valeur à moi, j’imagine qu’elle peut en apporter à vous aussi.

Qui est Luc Thilliez ?

Luc Thilliez, c’est le genre de profil qui en impose sans chercher à impressionner. Coach, entrepreneur, conférencier, il a construit plusieurs entreprises, fermé certaines, accompagné des dizaines de dirigeants dans leurs transitions les plus difficiles.

Ce qui le rend différent, c’est qu’il ne parle pas du succès comme d’un état fixe. Il en parle comme d’un processus vivant, avec ses zones d’ombre, ses contradictions, ses effondrements nécessaires.

Et dans cet épisode, il ne se contente pas de coacher. Il écoute, il creuse, il challenge. Et il partage lui aussi ce qu’il a traversé.

La vraie question : c’est quoi le sens de ce qu’on construit ?

Au cœur de cette conversation, il y a une question qui revient sans cesse, posée de différentes manières : pourquoi tu fais ce que tu fais, et est-ce que cette réponse est encore vraie aujourd’hui ?

J’ai vendu mon business. Pas parce que ça ne marchait pas, on faisait un million par mois. Mais parce qu’à un moment donné, le moteur s’est éteint. L’excitation avait disparu. Je me suis retrouvé enchaîné à une machine que j’avais construite moi-même, incapable de profiter de la liberté pour laquelle j’avais tout sacrifié.

Comme je l’ai dit à Luc : “J’avais vraiment la sensation d’être prisonnier d’un business où j’avais pas le choix.”

Ce n’est pas une histoire d’échec. C’est une histoire d’alignement perdu, et du courage qu’il faut pour l’admettre.

Le signe que tu t’es perdu : tu ne profites plus de ce que tu as construit

Il y a un moment dans ma vie que je n’oublierai pas. J’emménage dans cette villa de rêve, à l’autre bout du monde. Et trois jours après, je sombre. Déprime. Vide. “Tout ça pour ça ?”

Je vivais en République dominicaine dans un cadre incroyable, et je n’allais pas à la plage. Je ne faisais pas de kite surf. Je n’allais pas au golf. Je travaillais.

Le pic de lucidité : un cours de kite surf planifié, 3h de route pour y arriver, et là le téléphone sonne. Mon associé. Stripe et PayPal bloquent. Chaque minute qui passe, on perd de l’argent. J’étais devenu la pub de mon propre business. Prisonnier de ma liberté.

“J’avais jamais eu autant d’argent de ma vie, et je me sentais le plus pauvre que j’aie jamais été.”

C’est là que j’ai compris : l’argent, c’est une émotion avant d’être un chiffre. Et si l’émotion dit non, le chiffre ne compte plus.

Les signaux d’alarme que les entrepreneurs ignorent

Luc a mis le doigt sur quelque chose d’important : les chefs d’entreprise ne s’effondrent pas d’un coup. Ça s’accumule. Et souvent, les premiers signaux, c’est l’entourage qui les voit, pas eux.

Dans mon cas : plus de patience avec mon fils, des tensions croissantes avec ma femme qui m’a dit à un moment “tu n’es pas la personne que j’ai choisie d’épouser”, une attirance vers tout ce qui légumise (le scroll, les jeux vidéo, l’alcool), et l’incapacité à produire quoi que ce soit pendant des journées entières.

Ce n’est pas de la paresse. C’est du burn-out d’alignement. Tu n’es plus là pour les bonnes raisons, et ton corps et ton esprit te le font savoir. Tu n’écoutes juste pas encore.

Un ami m’a dit une phrase qui m’a mis une gifle : “C’est marrant, tu es le seul mec extraverti avec autant de capacités sociales, et tu passes tes journées derrière des fichiers Excel.” Parfois, la prise de conscience arrive d’une phrase comme ça.

Pourquoi les entrepreneurs s’isolent

Luc l’a très bien formulé : les chefs d’entreprise se retrouvent seuls. Pas forcément dans leur vie, mais dans leur tête. Leur partenaire ne comprend pas la pression, pas parce qu’il ou elle n’est pas intelligent(e), mais parce qu’il ou elle ne la vit pas. Alors on met un masque. On fait semblant. On gère.

Et ça érode tout. La relation, l’énergie, l’authenticité.

La solution n’est pas de tout déverser sur son partenaire non plus. Luc a partagé quelque chose de nuancé : certaines choses ont besoin d’être digérées avant d’être partagées. Ton partenaire a besoin d’être ton ancre, pas une caisse de résonance supplémentaire pour ton chaos intérieur. La vraie réponse, c’est de construire un cercle d’entrepreneurs, de coachs, de mentors qui comprennent ce que tu vis.

Choisir, c’est renoncer

Une des phrases de Luc qui m’a le plus marqué : “Choisir, c’est renoncer. Et quand tu choisis de t’investir dans ta passion, dans ton business, tu renonces à quoi ?”

Du temps en famille. Des souvenirs. Une présence réelle avec les gens qui comptent.

Ce n’est pas un jugement. C’est une équation. Et la question n’est pas de savoir si tu travailles trop, c’est de savoir si ce que tu produis en travaillant vaut vraiment le coût de ce à quoi tu renonces.

Pour moi, la réponse a changé. Et cette prise de conscience, c’est mon fils qui me l’a donnée. Voir un enfant copier chacun de tes gestes te force à te demander quel homme tu veux lui montrer.

Introspection et business : pourquoi ce n’est pas facultatif

On a une tendance à opposer développement personnel et performance. Comme si se poser des questions sur soi était une perte de temps, ou pire, un luxe.

Luc est catégorique là-dessus, et je suis d’accord : sans travail d’introspection, le sens ne peut pas être identifié. Et sans sens, c’est juste une question de temps avant que ça s’effondre.

Les gens qui font du business uniquement pour l’argent ne tiennent pas dans la durée. L’argent ne motive pas sur le long terme. Il n’est qu’une réponse temporaire à un besoin de sécurité. Ce qui tient, c’est la raison profonde derrière les actions.

La méritocratie : mythe ou moteur ?

On a abordé un sujet qui dérange : est-ce que le succès est vraiment mérité ?

Luc a partagé une histoire frappante. Il rencontre quelqu’un à un anniversaire. Ils discutent. Deux mois plus tard, cet homme l’appelle pour qu’il monte sur scène devant 257 personnes. Sans démarche de sa part, sans prospection, sans stratégie. “Ce serait manquer d’humilité de dire que c’était grâce à moi.”

Et moi, j’ai longtemps cru que je ne méritais pas. Alors j’ai travaillé plus dur que tout le monde pour compenser. Ça m’a permis de monter. Mais aujourd’hui, ce même mécanisme m’empêche d’avancer.

Notre conclusion : peut-être 15 à 20 % de ce qu’on construit, c’est de la discipline et du travail. Les 80 % restants, c’est le timing, les rencontres, la génétique, la chance, tout ce qu’on ne contrôle pas. L’humilité, ce n’est pas se diminuer. C’est voir la réalité en face.

Ce que j’ai décidé, après tout ça

Depuis que j’ai vendu mon business, je me reconstruis. J’ai repris la thérapie sérieusement. Je me suis reconnecté à ce qui m’a toujours animé : les gens, les conversations vraies, l’accompagnement, le podcast.

Je travaille aujourd’hui sur un projet d’accompagnement pour des dirigeants, aider des chefs d’entreprise à construire des business solides sans sacrifier leur santé, leurs valeurs, ou leur envie d’entreprendre.

Parce que la vraie liberté, ce n’est pas le chiffre sur le compte en banque. C’est de vivre aligné avec ce qu’on est, chaque jour, pas seulement en théorie.

Écouter cet épisode

Cette conversation avec Luc Thilliez, c’est le genre d’épisode que tu repasses deux fois. Pas parce qu’il est bien produit, mais parce qu’il dit des choses qu’on ressent sans pouvoir les formuler.

Si tu es entrepreneur, si tu te sens parfois prisonnier de ce que tu as construit, si tu doutes d’être encore à la bonne place, cet épisode est pour toi.

📚 Le livre de Luc sur les SCI est en cours de sortie : une référence technique sur ce véhicule d’investissement, sa fiscalité, et comment bien le structurer.

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