Il y a des histoires qui te forcent à revoir ce que tu crois possible. Celle de Léandre Omeir en fait partie. Quand je l’ai rencontré à Amsterdam, lors de mon immersion Wim Hof, je ne savais pas encore que cet homme, quelques années plus tôt, pesait 130 kilos, buvait tous les jours, et voulait en finir avec la vie.
Instructeur de la méthode Wim Hof · Fondateur du 1er centre Wim Hof de France
Ancien joueur de poker professionnel tombé au plus bas, Léandre s’est reconstruit grâce au froid et à la respiration. Il est aujourd’hui l’un des proches de Wim Hof, qui le présente comme son fils.
Je ne savais pas non plus que Wim Hof, l’homme de glace, celui qui a battu 26 records du monde et gravi l’Everest en short, l’appelait « mon fils ». Voici son histoire. Et surtout, voici ce qu’elle nous apprend sur ce pouvoir qu’on a tous en nous, et qu’on ignore la plupart du temps.
Un enfant anxieux dans un foyer modeste
Léandre grandit dans un foyer très modeste, sans son père, quasiment toujours absent. Sa mère fait ce qu’elle peut. Il décrit malgré tout une enfance heureuse, sans manque matériel réel. Mais une chose le marque très tôt : il ne voit presque jamais les adultes autour de lui heureux.
Derrière le grand gaillard souriant qui prend de la place et fait le pitre se cache un enfant profondément anxieux. Problèmes de digestion permanents, asthme, allergies à tous les animaux, maladies à répétition. Vers 7 ans, il se réfugie dans le sport. D’abord le judo, puis le basket. Et déjà, un trait de caractère apparaît : il n’aime pas gagner en écrasant les autres. Ce qu’il aime, c’est le collectif. Prendre les rebonds et passer la balle au meilleur joueur. Foncer ensemble.
C’est un détail, mais il en dit long sur l’homme qu’il va devenir : quelqu’un qui trouve son sens dans le fait de servir un groupe, pas dans la gloire personnelle.
De la sandwicherie au poker professionnel
Léandre ne fait pas d’études tout de suite. Il quitte le foyer familial pour bosser dans une sandwicherie, simplement parce qu’il veut être indépendant. Deux ans plus tard, un ancien CPE le pousse à reprendre des études de droit. Il décroche un master en droit public, tout en travaillant comme livreur chez Darty.
Et c’est sur la dernière année de son master que tout bascule une première fois. Il découvre le poker. Au début, il joue en addict. Il connaît immédiatement le pire du jeu : gagner, puis tout reperdre. Perdre 3 000 euros, soit tout ce qu’il avait gagné sur un été. C’est la première fois qu’il va vraiment mal. Mais un ami lui prête un appartement, des cours en ligne, et une méthode simple : reprendre en petites limites, jouer serré, appliquer des schémas précis.
Il recommence à gagner. Deux, trois mille euros par mois. Pour un gamin qui a grandi dans un foyer pauvre, c’est l’équivalent de trois SMIC. Il abandonne le concours d’avocat et devient joueur de poker professionnel. Ce qui frappe dans son récit, c’est qu’il n’a jamais choisi ce chemin. « Tout m’est arrivé comme ça, je n’ai rien choisi », raconte-t-il. Il monte en niveau jusqu’aux tables à 1 000 euros, commence à très bien gagner sa vie, et s’expatrie à Malte, comme tous ceux qui vivaient du poker à cette époque.
La descente aux enfers
Malte, c’est le début de la fin. La journée, il grind sur les tables. Le soir, il fait la fête au casino. Et très vite, la fête devient autre chose. La cocaïne se banalise. Les extas. L’alcool tous les soirs. Au début, il ne se rend compte de rien. Puis les signaux s’accumulent. Son coach de boxe qui lui demande s’il a pris un coup parce qu’il saigne du nez, alors que c’est juste la soirée de la veille qui était un peu trop hardcore.
Il rencontre une fille, part en Écosse, tente de s’extraire de cette vie. Mais il continue de boire. La relation est instable. Il fait des allers-retours entre l’Écosse et Malte, perdant à chaque fois de l’argent et de l’énergie. Sa concentration s’effondre. Son jeu se dégrade.
On lui conseille de retourner à Saint-Étienne, sa ville natale, pour se refaire au poker. À 30 ans, il se retrouve dans un appartement étudiant, dans la même rue qu’à ses 18 ans. Il a bouclé une boucle, mais dans le mauvais sens. Il a tout perdu : sa copine, sa bankroll, sa forme physique, sa santé mentale.
Il atteint 130 kilos. Et surtout, il bascule dans quelque chose de bien plus grave qu’un coup de déprime. Il commence à penser à en finir. Pas comme une idée passagère, mais comme un état chimique, permanent. Il planifie sa fin. C’est le point le plus bas d’une vie. Le genre de fond dont beaucoup ne remontent jamais.
La vidéo Wim Hof qui a tout changé
Et puis un jour, comme des millions de personnes, il tombe sur une vidéo de Wim Hof. Il clique. Il ne le sait pas encore, mais toute sa vie va basculer.
Ce qui l’attire au début, ce n’est pas la spiritualité ni le développement personnel. C’est le défi physique. Le froid. La respiration. Quelque chose de concret, de mesurable, sur lequel il peut avoir prise. Il commence les bains froids. Il commence la respiration Wim Hof. Et les premiers changements arrivent vite. L’énergie remonte. L’humeur change. Le corps se transforme. Pour la première fois depuis des années, il a l’impression de reprendre le contrôle de quelque chose.
Pour Léandre, ce n’est pas juste une pratique de bien-être. C’est ce qui lui a sauvé la vie, littéralement. Il arrête l’alcool et la drogue du jour au lendemain. Cette bascule, où le corps devient le levier de l’esprit, je l’ai vue chez beaucoup d’entrepreneurs que j’accompagne, et j’en parle dans mon article sur pourquoi on répète toujours les mêmes schémas.
La méthode Wim Hof, expliquée simplement
La méthode Wim Hof repose sur trois piliers : la respiration, l’exposition au froid, et l’engagement mental. Ce n’est pas magique. C’est physiologique.
La respiration Wim Hof agit sur le système nerveux autonome, celui qu’on croyait impossible à contrôler volontairement. Le froid entraîne le corps à gérer le stress, à activer la circulation, à renforcer la résilience. Et l’engagement mental fait le reste. C’est exactement ce que j’ai testé dans ma propre peau : je raconte tout dans mon immersion de 2 jours avec Wim Hof à Amsterdam.
La rencontre avec le maître, Wim Hof
Ce qui rend l’histoire de Léandre unique, ce n’est pas seulement sa transformation. C’est ce qui vient après. Beaucoup de gens pratiquent la méthode Wim Hof grâce à une application ou une vidéo. Léandre, lui, va rencontrer l’homme en personne. Et pas une fois. Il va retourner au camp de base plus de 50 fois. Il va vivre auprès de Wim, s’entraîner avec lui, apprendre directement du maître.
Quand je l’écoute raconter cette relation, je pense immédiatement à Karaté Kid. À cet apprenti qui apprend de Monsieur Miyagi, dans l’intimité, loin des projecteurs. Wim l’assiste sur scène devant plus de 3 000 personnes. Ils font des expéditions ensemble en Pologne, torse nu, dans la neige. Et surtout, un jour, devant ses propres enfants, Wim présente Léandre comme « mon fils ».
Un homme qui n’avait jamais vu les adultes de sa famille heureux se retrouve accueilli comme un fils par un maître qui incarne la joie, la force et la paix.
Le premier centre Wim Hof de France
En 2023, Wim et son équipe confient à Léandre une mission majeure : ouvrir le tout premier centre Wim Hof de France, en dehors du camp de base historique aux Pays-Bas. Ce centre se trouve dans les Alpes, à Aspres-sur-Buëch.
C’est un aboutissement et un point de départ à la fois. L’homme qui avait tout perdu devient celui qui transmet. Bains froids, sauna, rivière, respiration, randonnées en montagne : le centre reproduit l’esprit du camp de base originel, avec cette exigence d’expérience directe qui caractérise la méthode. Léandre ne se contente pas d’enseigner, il forme désormais les futurs instructeurs. Il transmet à son tour ce qu’il a reçu.
Le Kilimandjaro en 19 heures, sans acclimatation
Et puis il y a le Kilimandjaro. Monter le Kilimandjaro, c’est déjà un exploit pour n’importe qui. Le faire en 19 heures, sans acclimatation à l’altitude, c’est censé être impossible. L’acclimatation est normalement obligatoire pour éviter le mal aigu des montagnes, qui peut être mortel. La plupart des expéditions prennent 5 à 7 jours.
Léandre le fait en 19 heures. Grâce à la méthode. Grâce à la respiration, au contrôle du système nerveux, à l’engagement mental développé au fil des années. Ce n’est pas de la performance pour la performance. C’est la preuve vivante d’une chose : le corps humain est capable de bien plus que ce qu’on croit. Le même genre de dépassement que j’ai vécu à ma manière lors de mon challenge de 100 000 pas en une journée à Tokyo.
Léandre a lui-même filmé cette ascension hors norme. Pour la voir de vos yeux : sa vidéo de la montée du Kilimandjaro.
Ce que l’histoire de Léandre Omeir nous apprend
Ce qui me touche le plus dans son parcours, ce n’est pas le Kilimandjaro. Ce n’est même pas la relation avec Wim Hof. C’est la démonstration qu’un homme peut passer du fond du trou, du désir d’en finir, à une vie de sens, de force et de transmission. En quelques années.
Le super pouvoir dont il parle n’est pas réservé à une élite. C’est une capacité qu’on a tous en nous : reprendre le contrôle de notre corps, de notre esprit, de notre système nerveux. La plupart des gens l’ignorent toute leur vie, parce que personne ne leur a appris. La méthode Wim Hof n’est pas une baguette magique. C’est un outil. Un chemin pour reconnecter avec quelque chose de profond en nous, que le stress, les addictions et le rythme moderne nous ont fait oublier.
Pourquoi cet épisode m’a touché
Je vais être honnête avec vous : l’histoire de Léandre m’a profondément touché. Sa relation avec Wim Hof est très particulière. En l’écoutant raconter, j’ai eu la sensation de plonger dans Karaté Kid, de voir Maître Miyagi enseigner directement à son apprenti. Cette relation de maître à apprenti, je trouve ça rare et précieux.
J’ai compris la profonde détresse qu’il a traversée. Et j’ai vu, à l’inverse, la reconnaissance immense qu’il ressent aujourd’hui envers Wim Hof et envers la méthode. Ce contraste entre le point le plus bas et l’homme qu’il est devenu, ça me bouleverse. Ça prouve encore une fois à quel point l’être humain peut se transcender. Toutes ces compétences, on les a déjà en nous. Elles n’attendent qu’à être réveillées.
Léandre est un énorme bonhomme, très gentil et très chaleureux. Je vous invite sincèrement à aller le rencontrer au Wim Hof Center de France, dans les Alpes. Et si vous avez la chance, comme moi, d’aller à Amsterdam rencontrer Wim Hof et que vous tombez sur Léandre, dites-lui bonjour de ma part.
Écouter l’épisode en audio
Vous préférez l’audio ? L’épisode complet avec Léandre Omeir est disponible sur toutes les plateformes de podcast (Spotify, Apple Podcasts, Deezer…). Écoutez-le directement ici :
Questions fréquentes sur la méthode Wim Hof
C’est quoi la méthode Wim Hof ?
La méthode Wim Hof est une pratique fondée sur trois piliers : la respiration, l’exposition au froid et l’engagement mental. Créée par le Néerlandais Wim Hof, surnommé l’homme de glace, elle agit sur le système nerveux autonome pour réduire le stress, renforcer l’immunité et améliorer l’énergie et la résilience. Elle repose sur l’expérience directe, pas sur la théorie.
La méthode Wim Hof est-elle dangereuse ?
Bien pratiquée, la méthode Wim Hof est sûre pour la plupart des gens. Deux règles absolues : ne jamais faire la respiration Wim Hof dans l’eau ou en conduisant, à cause du risque d’évanouissement, et introduire le froid progressivement. Les personnes cardiaques, épileptiques ou enceintes doivent demander un avis médical. Le vrai risque vient d’une pratique non encadrée, pas de la méthode elle-même.
Comment fonctionne la respiration Wim Hof ?
La respiration Wim Hof consiste en cycles de 30 à 40 inspirations profondes, suivies d’une rétention du souffle poumons vides, puis d’une inspiration de récupération. Ces cycles modifient temporairement le taux d’oxygène et de CO2 dans le sang et agissent sur le système nerveux autonome, qu’on croyait longtemps impossible à contrôler volontairement. Résultat : plus de calme, d’énergie et de tolérance au stress.
Où faire un stage Wim Hof en France ?
Le premier centre Wim Hof de France se trouve dans les Alpes, à Aspres-sur-Buëch. Ouvert en 2023 et dirigé par Léandre Omeir, il propose bains froids, sauna, rivière, respiration et randonnées, dans l’esprit du camp de base historique aux Pays-Bas. C’est aujourd’hui l’endroit de référence pour vivre la méthode directement en France.
Peut-on gravir le Kilimandjaro sans acclimatation ?
En théorie, non : l’acclimatation est recommandée pour éviter le mal aigu des montagnes, qui peut être mortel, et la plupart des expéditions prennent 5 à 7 jours. Léandre Omeir l’a pourtant gravi en 19 heures grâce à la méthode Wim Hof, en s’appuyant sur la respiration, le contrôle du système nerveux et l’engagement mental. C’est une performance d’exception, pas une recommandation générale.
Qui est Léandre Omeir ?
Léandre Omeir est un ancien joueur de poker professionnel devenu instructeur de la méthode Wim Hof. Après être tombé au plus bas, à 130 kilos, avec des addictions et des pensées suicidaires, il s’est reconstruit grâce à la méthode, au point de devenir l’un des proches de Wim Hof, qui le présente comme son fils. Il dirige aujourd’hui le premier centre Wim Hof de France.
Pour tous les adhérents à la Tribu : on recevra Léandre le 22 juillet pour une séance de respiration et de breathwork Wim Hof, en petit comité. Une occasion unique de vivre la méthode directement avec lui. Et en attendant, regardez l’épisode complet, puis posez-vous la question : et si ce super pouvoir, vous l’aviez aussi, sans le savoir ?